Supramental, conscience supramentale, transformation supramentale, matière supramentale

Le Yoga de Sri Aurobindo ne consiste pas en un amalgame ni en une reproduction améliorée des anciennes formes de Yoga les plus populairement connus.

Le Yoga de Sri Aurobindo inclu par contre ce qu'on peut qualifier de synthèse (pas dans le sens intellectuel de la chose) de l'essence qualitative d'antérieures formes de Yoga, notamment concernant le Jnana Yoga, le Bakti Yoga et le Karma Yoga.

 

La Bakti Yoga dans le Yoga de Sri Aurobindo:

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore le sujet, la Bakti en question demande de ne pas être confondue avec l'adoration vénérante aveugle que l'ego humain prodigue à un autre ego humain considéré comme supérieur, quelque soit le domaine concerné par cette dite supériorité.
La Bakti, dans le contexte du Yoga de Sri Aurobindo, est le fait d'une expérience, intérieure, inattendue autant que spontanée plus qu'autre chose, de la Présence divine dont alors il naît, de façon spontanée, passant par delà la structure et fonctionnement mental vital et physique de notre personnalité humaine habituelle, une bouffée d'amour depuis par en-dedans; qui alors ouvre la porte à un amour dévotionnel intérieur envers le Divin.
Dévotionnel veut dire ici dévouer notre existence au Divin et à son oeuvre divine de création.
C'est donc surtout un fait de ce que Sri Aurobindo indique en terme d'être psychique (la Présence divine en le profond en arrière du cœur), un toucher, depuis par en-dedans, par la dite Présence psychique émanation de la Lumière divine en le profond en arrière du cœur, qui, pour le dire ainsi, donne lieu à l'apparition d'une soif, insatiable, du Divin dans notre conscience humaine corporelle, pour le dire ainsi avec des mots ...
Un tel toucher intérieur, depuis la Présence divine en le profond en arrière du cœur, peut alors advenir dans n'importe quelle situation propice à un lâcher prise intérieur de notre esprit envers sa dépendance et attachement à notre je-moi humain, dans un de ces moments où nous nous trouvons dans un abandon, intérieur, de détachement envers nous-mêmes et des choses de la vie au quotidien et que nous entrons alors dans un état de suspension, pour le dire ainsi, spatio-temporelle, une existence sans sujet ni objet...
Ce peut être en écoutant une musique, en voguant sur la mer, en rencontrant un être vivant dans la Présence divine ou autrement, la forme que cela prend n'est pas la cause de ce Toucher sinon l'attitude intérieure de lâcher prise à ce moment là...
Le tout est de ne pas laisser notre je-moi humain, notamment dans sa nature mentale-vitale, récupérer à son compte personnel la dite expérience, intérieure, de ce toucher de la Présence divine en le profond en arrière du cœur, car c'est alors que des illusions prennent place à la place de l'expérience, intérieure, authentique du toucher Divin ...

 

Le Jnana Yoga

dans le Yoga de Sri Aurobindo:

 

Dans d'antérieures formes du Yoga, l'atteinte au Moi Cosmique Impersonnel est considérée comme la plus haute réalisation spirituelle.
Dans le contexte du Yoga de Sri Aurobindo il s'agit aussi de la réalisation spirituelle la plus haute, celle aussi connue comme la Conscience Comique de l'Esprit Suprême, mais par contre ce n'est pas une fin en soi ni le but en particulier de ce Yoga sinon la base corporelle la plus solide pour pouvoir vivre le Processus Supramental de la Transformation corporelle terrestre.
Cette réalisation du Moi impersonnel de l'Esprit peut alors se faire de façon séparée du corps, ce qui alors conduit à une difficulté voir à une impossibilité de vivre de nouveau dans une forme corporelle sur terre; avec la souffrance psychologique personnelle que peut apporter une telle réalisation au-delà de notre forme corporelle vivante terrestre alors que nous continuons de vivre dans une forme corporelle vivante de nature terrestre.
Au sujet de la réalisation corporelle correspondante, il est utile de prendre en considération l'indication comme quoi l'habit ne fait pas le moine dans le sens où si la pratique de l'ascétisme rend possible, à l'esprit, de retrouver son Moi Impersonnel Cosmique en dehors de la forme corporelle par contraste ce ne sont pas ni la pratique de l'ascétisme ni être assis en tailleur en état de méditation qui rendent cette réalisation cosmique impersonnelle possible en particulier.
La position de méditation assis en tailleur les pieds repliés par dessous le coxis a une signification occulte, qui consiste à bloquer le flux du courant d'énergie vital d'en bas, comme on dit, afin de rendre possible une libération de l'esprit au-delà de la forme corporelle de vie pour la réalisation du Moi Cosmique Impersonnel de l'Esprit.
Il ne s'agit pas ici du processus connu sous le nom de Kundalini qui concerne les retrouvaille de l'énergie de vie dans la forme corporelle avec sa Source la Conscience-force divine au-dessus de cette forme corporelle.
Il s'agit d'un autre processus, qui concerne l'esprit conscient dans la forme corporelle vivante, qui alors passe à se libérer de sa dépendance et confinement de son existence dans le monde mental personnel de son moi humain corporel pour passer à exister dans la Conscience Cosmique sans forme du Moi Impersonnel de l'Esprit Suprême.
Réaliser cet état de chose en dehors de sa forme corporelle vivante est possible pour l'esprit dans cette forme reflet de ce que l'esprit dans la forme est une portion, pour le dire ainsi, de l'Esprit Cosmique Suprême Impersonnel.
Mais plus grande encore est cette réalisation dans notre forme corporelle vivante, dans le mental puis dans le vital et enfin dans le physique corporels, et bien sur c'est là chose bien plus difficile que le seul fait d'une réalisation en dehors de notre forme corporelle vivante.
Tel que Sri Aurobindo le met en évidence dans son Essai sur la Gîta, Brahman n'est pas exclusivement l'Esprit Suprême immobile silencieux. Brahman est aussi Shakti Dynamique Effective, la Conscience-force Suprême de l'Esprit Suprême qui est qui, la Shakti, devient la forme de vie dynamique effective dans notre monde terrestre, pour ne parler que de notre monde terrestre de matière...
En leur existence Absolue, Transcendant la Création, l'Esprit Suprême et la Shakti Suprême sont le UN invisible sans temps et sans espace, ou soit dit l'Etre Ineffable de la Création ou le Transcendant comme aussi nommé.
Par contraste, dans la Création, l'Esprit Suprême et la Shakti Suprême vivent comme un processus de différenciation, intermédiaire, pour l'accomplissement de l'apparition de la vie de la forme corporelle dans notre monde terrestre de matière.
Le Yoga de Sri Aurobindo se propose, pour le dire ainsi, d'accomplir les noces des retrouvailles de leur unité essentielle entre l'esprit et la conscience-énergie vivante propre à l'existence de la forme corporelle vivante mais sans quitter cette forme corporelle vivante terrestre.
Ou soit dit ce qui est en haut, comme on dit, passe à être aussi en bas, comme on dit, dans la forme corporelle de matière terrestre vivante, une réalisation aussi connue en terme de l'Union du Ciel et de la Terre ...
Sri Aurobindo, avait à ce point avancé dans ce sens concernant sa forme corporelle terrestre de matière que l'atmosphère physique de son corps était celui d'une paix silencieuse immobile dont alors témoignent des pratiquants de son Yoga l'ayant connu à cette époque.
Douce Mère aussi, dans l'Agenda, témoigne de cette réalisation physique du Brahman silencieux dans la forme corporelle de matière vivante de Sri Aurobindo, lorsqu'elle découvrit, un jour d'ouragan, et alors qu'elle voulait fermer les fenêtres, toujours ouvertes, de la chambre de Sri Aurobindo, elle découvrit donc que la violence du vent de l'ouragan ne pénétrait pas dans cette pièce, dans laquelle seule la paix silencieuse immobile de Brahman régnait.
Satprem aussi a vécu une expérience corporelle similaire lorsque des assassins allaient commettre l'acte qui mettrait fin à l'existence de sa forme corporelle. Au moment même de cet acte la conscience-énergie physique de sa forme corporelle a été soudainement envahie par la paix silencieuse immobile de Brahman.
Ce n'était pas un pouvoir du vital ni d'un contrôle mental ce dont il s'agit à ce moment là, sinon de l'apparition de la paix silencieuse immobile du Moi Impersonnel de l'Esprit Suprême Cosmique, qui alors prend vie dans notre forme corporelle vivante et annule, littéralement parlant, les actions de désordre et de destruction concernant la conscience-énergie dynamique active donnant vie et forme à notre forme corporelle vivante.
Cette réalisation corporelle est aussi connue en terme de Yoga de la Connaissance concernant le Yoga de Sri Aurobindo.
Ce n'est pas une connaissance dans le sens intellectuel d'apprendre par cœur et d'amasser des informations de type conceptuel, ou soit dit il ne s'agit pas de savoir.
Il s'agit de la connaissance par unité. Ou soit dit nous sommes ce que nous expérimentons sans qu'il existe un sujet d'un côté et un objet de l'autre. Simplement, dans ce cas de figure, le Yoga de Sri Aurobindo, un Yoga terrestre, c'est le moi physique de notre forme corporelle terrestre qui vit cette réalisation du Moi Impersonnel Cosmique de l'Esprit Suprême.
Ces trois réalisations, qui sont précédées par des expériences conséquentes, forme la trilogie de la phase dite intégrale du Yoga de Sri Aurobindo.
Ou soit le Bakti Yoga, le Karma Yoga et le Jnana Yoga, qui sont la réalisation corporelle de base terrestre vivante rendant possible une collaboration consciente au Processus supramental de la Transformation de la conscience matérielle de notre Terre dont notre forme corporelle de matière humanisée vivante est l'enfant...

 

Le Karma Yoga

dans le Yoga de Sri Aurobindo:

 

Bien sur, si, dans notre univers, la souffrance n'avait pas existé, si l'obscurité n'avait pas existé et si le mal n'avait pas existé alors tout irait pour le mieux, nous baignerions dans une béatitude quiétiste intemporelle silencieuse indifférenciée. L'illusion dans ce domaine c'est que dans cet état il n'y aurait pas de nous, uniquement un vide de manifestation, et s'il existait un nous alors nous serions ce vide.
Je ne veux pas être le sucre, s'écria le grand Ramakrishna, je veux manger le sucre.
La souffrance, l'obscurité, le mal peuvent nous pousser à fuir ce monde en devenir divin pour retourner à l'état primordial de non manifeste, un vide de manifestation, une béatitude quiétiste intemporelle silencieuse indifférenciée ...
Si par contre nous réalisons, par l'expérience, que la souffrance, l'obscurité, le mal existent, phénoménalement parlant, uniquement parce que nous ne vivons pas en unité avec la Présence divine en le profond en arrière du cœur, alors la solution c'est de vivre en cette unité, ou soit dit l'être.
Ce n'est pas quelque chose, vivre cette unité divine intérieure, que nous pouvons atteindre en attendant que des autres qu'ils la vivent, ni non plus ce n'est pas en reprochant aux autres de ne pas vivre cette unité divine intérieure.
C'est en la vivant dans notre propre forme corporelle vivante ici-bas sur terre, et la vivant laisser son Amour Divin transformer notre esprit et sa forme de conscience énergie matière avec pour effet une contagion, sans la rechercher, à toute la conscience énergie matière de notre monde en devenir Divin.
Au plus il existera d'êtres humains vivants cette unité divine intérieure, et au plus la conscience-énergie-matière de notre monde sera transformée en conséquence, et au plus les êtres humains qui naîtrons dans notre monde seront des enfants de l'Amour Divin.
Notre univers est jeune, très jeune, et notre humanité actuelle aussi.
Tout ce que nous vivons et avons vécu de souffrance, d'obscurité, de mal cela peut servir aux humanité futures pour qu'elles n'aient pas besoin de revivre tout cela, mais à la seule et unique condition que nous offrions notre souffrance, notre obscurité et notre mal à la Présence divine de l'Ineffable, l'Alchimiste divin en le profond en arrière du cœur de notre forme humaine corporelle vivante...
Tout ce que nous vivons aujourd'hui de souffrance, d'obscurité et de mal cela prépare les humanités du futur qui alors n'auront plus besoin de vivre cela, mais pour pouvoir supporter la charge il est nécessaire de réaliser (dans le sens de l'être) l'unité divine en et avec la Présence divine en le profond en arrière du cœur ...
Mais si nous passons notre temps à concentrer notre esprit sur la souffrance, l'obscurité et le mal toujours présents dans notre monde en devenir divin, alors ce que nous faisons c'est nourrir les égrégores correspondants qui ont pris vie de façon correspondante dans le passé historique de notre humanité, égrégores qui se nourrissent de la souffrance, de l'obscurité, et du mal car c'est de cela dont ils se sont formés dans le passé historique de notre humanité aujourd'hui et de celles avant la notre actuelle.
Il ne s'agit pas d'ignorer l'existence, même phénoménale, encore actuelle de la souffrance, de l'obscurité, et du mal.
Il s'agit d'accepter sa part du fardeau, en même temps que pour pouvoir accepter notre part du fardeau il nous faut réaliser l'unité divine intérieure, ou sinon nous nous risquons à chuter sous le poids de la dite charge ...
Il ne s'agit pas non plus de chercher à porter plus que notre part du fardeau, ce serait là uniquement de la prétention egotique ...
Il s'agit uniquement d'accepter notre part du fardeau, dont alors la Nature nous charge chacun en fonction de ce que nous pouvons supporter, ni plus ni moins.
Simplement, tant que nous n'offrons pas notre part du fardeau au Divin intérieur et que nous demeurons notre esprit concentré sur notre passé de souffrance d'obscurité et de mal alors notre part du fardeau devient de plus en plus pesante, au point de nous faire chuter sur le chemin de la réalisation divine intérieure ...
Au plus nous devenons conscient de l'existence de la souffrance, de l'obscurité et du mal dans notre forme humaine corporelle vivante et au plus nous devenons responsable de la transformation de la souffrance, de l'obscurité et du mal dans notre monde, en les offrant à la Présence divine intérieure.
Cette réalisation de l'unité divine intérieure ne se fait pas en passant son temps à valoriser (en bien ou en mal) ni à critiquer les autres et encore moins en reprochant aux autres de ne pas être conscient dans ce domaine, cela se fait en développant notre être conscient de façon à devenir conscient de notre propre part du fardeau à offrir à l'Alchimiste Divin en le profond en arrière du cœur, sans attente personnelle en retour dans ce processus sinon en offrant, à l'alchimiste Divin intérieur, ce dont nous devenons conscient des états de conscience et d'énergie en présence qui participent de l'existence de notre forme corporelle vivante de matière terrestre ...
Et pour pouvoir offrir ce fardeau à la Présence divine intérieure, il nous faut avant toute chose devenir conscient de l'existence de cette Présence ...

La Dévotion, la Connaissance et les Oeuvres divines.

 

Si le développement des qualités personnelles de dévotion de connaissance et d'action sont la base humaine du Yoga de Sri Aurobindo, un développement personnel mettant en mouvement les trois qualités naturelles correspondantes connues en terme de Guna en Sanskrit, une fois cette base humaine personnelle suffisamment développée, qualitativement parlant, celle-ci demande d'être suivie d'une consécration au Suprême Divin.
La dévotion humaine passe alors à devenir la dévotion divine, la connaissance humaine la connaissance divine et l'action humaine l'oeuvre divine.
La dévotion divine est celle rendue au Suprême directement dans sa culmination, mais son développement intermédiaire peut passer par une dévotion rendue aux divinités partielles de la Shakti Universelle du Suprême.
La connaissance divine est celle du Suprême directement dans sa culmination, mais son développement intermédiaire peut passer par la connaissance des divinités partielles de la Shakti Universelle du Suprême.
L'oeuvre divine est celle du Suprême directement dans sa culmination, mais son développement intermédiaire peut passer par l'action des divinités partielles de la Shakti Universelle du Suprême.
Les divinités partielles de la Shakti Universelle sont aussi connues sous la désignation des Dieux du panthéon.
Si les dits Dieux ont incarné une émanation de leur être dans le passé comme représentant d'une action Universelle correspondante pour l'évolution de la conscience-force involuée de notre monde, elle ne sont pas le Suprême sinon un pouvoir d'action dynamique effectif particulier de la Shakti Universelle.
Tant que notre être conscient en évolution demeure celui naturel physique vital et mental de notre être-corps humain alors nous ne pouvons que rendre dévotion connaitre et agir aux et par le biais des divinités partielles de la Shakti Universelle désignées en terme de Dieux du panthéon.
Par contraste, c'est lorsque notre être conscient naturel, en son essence qualitative, passe à être intégré en et par la Présence divine en le profond en arrière du cœur qu'une conversion, dans le sens littéral du mot, de notre être conscient se produit qui passe à devenir un être divin indivisible du Suprême et ce faisant se dévouer, connaitre (par identité) et devenir l'oeuvre du Suprême directement.
Ou soit devenir une shakti du Suprême directement sans plus passer par le biais intermédiaire d'une dépendance au divinités partielles de la Shakti Universelle, devenir une shakti dévouée au Suprême, une shakti connaissante du Suprême directement, une shakti oeuvre du Suprême directement ...